Une nouvelle piste pharmacologique dans le traitement de l'AVC

10 août 2020

Des chercheurs du laboratoire de PhysioMédecine Moléculaire (LP2M, CNRS/Université Côte d’Azur) en collaboration avec des chercheurs de l'Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire (IPMC, Université Côte d'Azur/CNRS) ont montré que le ciblage d’une enzyme, en aval de la voie de biosynthèse des polyamines, activant l’hypusination d’un facteur d'initiation de la traduction extrêmement particulier nommé eIF5A, constituerait à la fois une nouvelle opportunité thérapeutique et un nouveau paradigme de recherche sur les accidents vasculaires cérébraux et les maladies ischémiques. Voir la publication

L'AVC est une pathologie lourde dont les séquelles désastreuses peuvent mener au décès dans plus de 20% des cas et à une lourde perte d'autonomie cognitive et motrice chez les patients survivants. Les AVC restent la première cause de handicap chez l'adulte. En dehors des classiques traitements thrombolytiques à l’emploi très limité, aucune molécule pharmacologique ne s'est jusqu'à maintenant révélée efficace d'un point de vue curatif.

Grâce à un nouveau concept dans le traitement de l'ischémie dévoilé par Michel Tauc, directeur de recherche à l'Inserm à l’Université Côte d’Azur, et à une étroite collaboration entre celui-ci et Nicolas Blondeau, directeur de recherche au CNRS à l'IPMC (CNRS-Université Côte d'Azur) cette impasse clinique pourrait s'ouvrir et déboucher sur un nouveau protocole pharmacologique.

Leurs travaux accepté pour publication (1) dans la revue américaine "The Journal of Cerebral Blood Flow & Metabolism" montrent que sur un modèle murin d'AVC le traitement des animaux avec un analogue des polyamines (le N1-guanyl-1,7-diaminoheptane communément appelé GC7), capable de bloquer spécifiquement la voie d'activation du facteur d'initiation de la traduction 5A (eIF5A), permet d'atténuer fortement les conséquences de l’ischémie tissulaire induite par l’AVC. Cette étude est particulièrement intéressante puisqu'elle démontre que, même administrée postérieurement au déclenchement de l'AVC (dans une fenêtre temporelle compatible avec la prise en charge des patients atteints), cette molécule aurait une double action permettant à la fois de réduire la lésion cérébrale mais aussi d’améliorer considérablement la récupération motrice et cognitive des animaux.

Cette nouvelle approche pharmacologique ouvre des perspectives prometteuses pour le développement d’une stratégie thérapeutique dans les pathologies ischémiques dont l’AVC est le plus dramatique exemple. D’ailleurs elle a déjà été appliquée très récemment (2) avec succès sur la reprise fonctionnelle des reins dans un modèle préclinique de transplantation rénale chez le cochon, processus au cours duquel l’épisode ischémique est incontournable.

(1)    Inhibition of eIF5A hypusination pathway as a new pharmacological target for stroke therapy. The Journal of Cerebral Blood Flow & Metabolism. 2020 july 2. PMID: 32615885
(2)    The inhibition of eIF5A hypusination by GC7, a preconditioning protocol to prevent brain death-induced renal injuries in a preclinical porcine kidney transplantation model. Am J Transplant. 2020 May 13. PMID: 32400964
 

Contact chercheurs :

Michel Tauc
Directeur de recherche Inserm
Université Cote d'Azur
LP2M - CNRS UMR-7370
Faculté de Médecine
28 Avenue de Valombrose
06107 Nice cedex 2, France
Email : michel.tauc@univ-cotedazur.fr

Nicolas Blondeau
Directeur de recherche CNRS
Institut de Pharmacologie Moléculaire et Cellulaire
CNRS, IPMC, 660 route des Lucioles, Sophia Antipolis,
06560, Valbonne, France.
Email: blondeau@ipmc.cnrs.fr


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