Sandrine Henri (CIML) et Bernard Malissen (Ciphe) - Publication dans Science Immunology

04 mai 2020

Autoimmunité : une simple intéraction fait toute la différence

Des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et d’Aix Marseille Université regroupés au sein du Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy (CIML) ont montré que la tolérance aux antigènes du soi peut être compromise dès lors que l’interaction entre les lymphocytes T CD4 régulateurs et les fascinantes sentinelles du système immunitaire que constituent les cellules dendritiques de type 1 (cDC1) est rompue. En effet, ce défaut immunitaire peut conduire au développement d’un syndrome autoimmunitaire grave. Mieux comprendre la biologie de ces cDC1 devrait permettre de proposer de nouvelles approches d’immunothérapie pour de nombreuses maladies telles que les syndromes autoimmuns mais aussi les cancers. Voir la publication

Il y a plus de 10 ans, l’équipe de recherche associant des chercheurs de l'Inserm et du CNRS, dont Sandrine Henri et Bernard Malissen du Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy était parmi les premiers groupes de recherche à décrire les cellules dendritiques de type 1 (cDC1) présentes dans le derme (Poulin, J Exp Med 2007). Trois ans plus tard, ils mettaient en évidence le rôle clé des cDC1 dans la tolérance immunitaire aux antigènes du soi (Henri, J Exp Med 2010) puis leur fantastique capacité à induire une réponse cytotoxique contre des cellules cancéreuses dans un modèle innovant de vaccination ciblée (Terhorst, J Immunol 2015).  Bien que minoritaire en nombre, cette population de cellule dendritique est très importante pour notre système immunitaire et pourtant nous sommes encore très loin de comprendre son fonctionnement.

Afin de comprendre comment les cDC1 fonctionnent in vivo, cette équipe du Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy, a développé avec l’aide du Centre d’Immunophénomique de Marseille (Unité de service Inserm 012) une souris génétiquement modifiée capable de modifier l’expression de gènes donnés spécifiquement dans les cDC1.

En prévenant l’expression de molécules dites de classe II du complexe majeur d’histocompatibilité uniquement sur le cDC1, ils ont ainsi compromis leur interaction avec les lymphocytes T CD4.

Grâce à ce modèle, ils ont montré que les cDC1 jouent un rôle central dans la tolérance immunitaire aux antigènes du soi. C’est en effet un « ménage à trois » où quand tout fonctionne normalement les lymphocytes T CD4 régulateurs maintiennent les cDC1 dans un état de repos qui à leur tour vont donner un signal d’activation peu immunogénique aux lymphocytes T CD8. Par contre, lorsque les cDC1 ne sont plus capables d’interagir avec les lymphocytes T CD4, alors elles vont sortir de leur état de repos, devenir très immunogéniques et les lymphocytes T CD8 qu’elles activeront deviendront cytotoxiques et donc capables de tuer des cellules cibles exprimant les antigènes du soi pour lesquels elles sont spécifiques. Dans le modèle murin utilisé ici, les cellules cibles sont les kératinocytes de l’épiderme et le modèle auto-immun induit reproduit la physiopathologie du syndrome de Lyell ou nécrolyse épidermique toxique (NET) décrite chez l’homme. L’équipe du CIML a montré qu’en bloquant les lymphocytes T CD8 cytotoxiques dans les ganglions, et en les empêchant ainsi d’atteindre leur cible, le syndrome auto-immun était évité.

Cette étude suggère que le contrôle de certaines pathologies pourrait se faire par le contrôle de l’état d’activation des cellules dendritiques et en particulier des cDC1.

Sources

Absence of MHC class II on cDC1 dendritic cells triggers fatal autoimmunity to a cross-presented self-antigen

Christian Wohn1, Valentin Le Guen1, Odessa Voluzan1, Frédéric Fiore2, Sandrine Henri1,*, and Bernard Malissen1,2,*

Affiliations:

1Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy, Aix Marseille Université, INSERM, CNRS, 13288 Marseille, France.

2Centre d’Immunophénomique, Aix Marseille Université, INSERM, CNRS, 13288 Marseille, France

*Corresponding authors: Bernard Malissen and Sandrine Henri, Centre d’Immunologie de Marseille-Luminy, Case 906, 13288 Marseille Cedex 9, France ; Email: bernardm@ciml.univ-mrs.fr and henri@ciml.univ-mrs.fr

† Equal contribution

 

Science Immunology :

Contact chercheur

Sandrine Henri

Chercheuse Inserm DR2

Unité 1104 Centre d’immunologie de Marseille – Luminy (CIML)

Equipe « Dissection génétique de la fonction des lymphocytes T et des cellules dendritiques »

henri@ciml.univ-mrs.fr

Bernard Malissen

Chercheur Cnrs DRCE

Unité Inserm 1104 Centre d’immunologie de Marseille – Luminy (CIML)

Equipe « Dissection génétique de la fonction des lymphocytes T et des cellules dendritiques »

Unité de service Inserm 12 Centre d’immunophenomique (CIPHE)

bernardm@ciml.univ-mrs.fr


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