Marc Savasta, lauréat de l’Académie Nationale de Médecine 2014 - Neurologie

26 janvier 2015

Marc Savasta, Directeur de Recherche à l’Inserm, vient de se voir décerner le Prix Aimée et Raymond Mande pour sa contribution majeure sur la physiopathologie de la Maladie de Parkinson et les mécanismes d’action de la stimulation cérébrale profonde. En savoir plus

Marc Savasta a conduit une grande partie de ses travaux de recherche à Grenoble, notamment dans l’Unité Inserm U318 dirigée par le Professeur Alim Louis Benabid de 1989 à 2003, puis au sein de son équipe universitaire UJF (JE MRNRT 2414) et au sein de sa propre Unité INSERM U704 (Dynamique des réseaux Neuronaux) qu’il a dirigée à partir de 2005. Marc Savasta a joué un rôle structurant majeur dans la mise en œuvre des actions transversales de la communauté neuroscientifique du Centre de Recherche en Neurosciences créé le 1er janvier 2007 et dont il est l’un des principaux co-fondateurs avec le Professeur Claude Feuerstein. Ses travaux de recherche translationnelle sur la maladie de Parkinson ont assuré une interface essentielle avec les cliniciens neurologues et psychiatres du CHU de Grenoble.

Il a été l’un des pionniers à démontrer, grâce à son travail expérimental novateur et aux modèles expérimentaux de la maladie de Parkinson chez le rat, que la stimulation à haute fréquence du noyau sous thalamique (NST) (mise en place en 1993 au CHU de Grenoble sur le plan thérapeutique par Alim Louis Benabid et Pierre Pollak) pouvait ne pas être liée à une inhibition directe des neurones du NST, mais plutôt à l’inhibition des structures de sortie des Ganglions de la Base mettant en jeu le GABA. Cet effet majeur du GABA pourrait être expliqué par la stimulation des fibres à GABA de passage, pallido-nigrales, au voisinage du NST et/ou par l’organisation anatomo-fonctionnelle des contacts synaptiques à GABA et au glutamate au sein de la substance noire réticulée, l’une des voies de sortie des circuits moteurs sous-corticaux. Ces résultats, confirmés par la suite par de nombreuses autres équipes nationales et internationales, ont donné à son équipe une notoriété internationale incontestée dans ce domaine. Toutefois, les mécanismes in fine de cette stimulation cérébrale profonde sur les troubles moteurs de la maladie de Parkinson ne sont pas encore tous élucidés. Ils soulèvent de nombreuses questions d’ordre physiopathologique concernant les interactions entre les réseaux neuronaux et gliaux impliqués dans le fonctionnement des trois principales boucles fonctionnelles cognitive, limbique et motrice des ganglions de la base. La maladie de Parkinson n’est d’ailleurs plus considérée comme une maladie affectant uniquement le mouvement. En effet, des troubles du comportement tels que l’apathie, la dépression, l’anxiété, la font considérer aujourd’hui comme une maladie neuropsychiatrique. De plus, ces troubles peuvent être révélés ou exacerbés par les traitements médicamenteux classiques (L-Dopa, agonistes dopaminergiques) ou encore par la stimulation cérébrale profonde. C’est pourquoi, Marc Savasta et son équipe ont récemment développé un nouveau modèle animal original (en lésant sélectivement et partiellement les neurones dopaminergiques du système mésocorticolimbique) permettant d’aborder les mécanismes physiopathologiques qui sous tendent ces troubles du comportement chez le malade parkinsonien, pouvant aller d’un comportement hypo-(apathie) à un comportement hyper-dopaminergique (syndrome de dysrégulation de la dopamine caractérisé par des comportements compulsifs et addictifs). Ces troubles représentent une question majeure de santé publique car ils sont tout aussi invalidants que les symptômes moteurs de la maladie et sont à l'origine d'une part importante de la détérioration de la qualité de vie des patients. Il a pu montré  avec son équipe, sur ce modèle, que  le système dopaminergique nigro-strié était davantage impliqué dans les déficits motivationnels observés chez le patient parkinsonien apathique et que ces symptômes pouvaient être corrigés par les mêmes traitements dopaminergiques que ceux utilisés en clinique, validant ainsi la prédictivité du phénotype comportemental du modèle animal développé. Ces travaux montrent également clairement l’implication majeure du récepteur dopaminergique D3 dans ces processus motivationnels, ouvrant ainsi la voie sur des stratégies thérapeutiques innovantes. Enfin, l’induction d’un syndrome de dysrégulation de la dopamine par des traitements dopaminergiques sur la base d’un tel modèle animal ouvre des perspectives intéressantes, non seulement pour mieux comprendre la physiopathologie de ces troubles psychiatriques de la maladie de Parkinson mais aussi pour des stratégies de recherche pertinentes touchant à l’addictologie.

Marc Savasta a rejoint depuis Septembre 2014 la Délégation Régionale Inserm PACAC pour mettre son expertise au service de la communauté scientifique de PACAC en étant Conseiller à la Stratégie Recherche Régionale auprès de Dominique Nobile. Il a pris également en charge toutes les questions de Valorisation de la Recherche et met actuellement en place une cellule Europe au sein de la Délégation en coordination avec la Cellule Europe du siège Inserm à Paris.


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